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Bien sûr, notre route est pavée d'écueils et de défis. N'oublions cependant pas,

tandis que nous redoublons d'efforts, d'éclairer notre énergie de

"positivité", le supercarburant le plus salutaire de l'Univers !

 


5 février 2026

Bonaire : quand la justice rattrape le climat

Voici une proposition de Hypnature, d'un plan d’action opérationnel, chiffré et phasé sur 12 à 36 mois, cohérent avec la décision du tribunal, les capacités néerlandaises existantes et les standards internationaux d’adaptation climatique pour les petits territoires insulaires.


Phase 1 – Urgence et structuration (0–12 mois)

Objectif : sécuriser, planifier, financer

  1. Création immédiate d’une Task Force Bonaire Climat

    • Acteurs : État néerlandais, autorités de Bonaire, Rijkswaterstaat, Deltares, ONG (Greenpeace), représentants citoyens.

    • Budget : ~2 M€ (expertises, coordination, participation locale).

  2. Diagnostic climatique et côtier accéléré

    • Cartographie fine des zones à risque (submersion, érosion, chaleur).

    • Budget : ~3 M€.

  3. Ligne budgétaire nationale dédiée à Bonaire

    • Dotation initiale votée : 50 à 70 M€ sur 5 ans, fléchée adaptation (équivalent d’un petit programme Delta).

    • Effet immédiat : crédibilité juridique et accès aux fonds internationaux.

  4. Mesures rapides “sans regret”

    • Réparation des barrages existants, protections temporaires du littoral.

    • Ombrières, végétalisation, centres frais publics.

    • Budget : ~8–10 M€.


Phase 2 – Déploiement prioritaire (12–24 mois)

Objectif : protéger et adapter durablement

  1. Protection du littoral (solutions hybrides)

    • Digues basses adaptées + restauration de mangroves + récifs artificiels.

    • Inspiration : Caraïbes, Vietnam, programmes néerlandais “Building with Nature”.

    • Budget : ~25–35 M€.

  2. Programme agricole de résilience climatique

    • Soutien direct aux agriculteurs (subventions, formation).

    • Sols vivants, agroforesterie, variétés résistantes, irrigation goutte-à-goutte.

    • Budget : ~5–7 M€.

  3. Gestion structurelle de la chaleur

    • Normes bioclimatiques pour bâtiments publics.

    • Aides à la climatisation efficace (solaire + stockage).

    • Budget : ~6–8 M€.


Phase 3 – Consolidation et justice climatique (24–36 mois)

Objectif : pérenniser, évaluer, étendre

  1. Accès aux financements internationaux

    • Dossiers GCF / Banque mondiale portés par l’État néerlandais pour Bonaire.

    • Effet levier attendu : +20 à 40 M€.

  2. Mécanisme permanent de financement

    • Fonds d’adaptation caribéen néerlandais (Bonaire, Sint-Eustatius, Saba).

    • Indexé sur la fiscalité carbone nationale.

  3. Évaluation indépendante et gouvernance citoyenne

  • Indicateurs : sécurité côtière, santé publique, sécurité alimentaire.

  • Rapports publics annuels, exigés par le jugement.


Ordre de grandeur global

  • Investissement initial (36 mois) : 50 à 70 M€, soit un niveau comparable à une commune néerlandaise de taille équivalente.

  • Bénéfices : réduction du risque vital, protection culturelle, conformité juridique, précédent européen fort.


 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le tribunal de district de La Haye a reconnu que les Pays-Bas ont une obligation légale, au titre de la Convention européenne des droits de l’homme, de protéger les habitants de Bonaire contre les effets du changement climatique.

Cette décision fait suite à une plainte déposée par huit habitants de l’île, après deux ans de procédure.

Le tribunal a estimé que l’État néerlandais n’avait pas respecté ses devoirs, faute de plan climatique spécifique pour ce territoire d’outre-mer pourtant très vulnérable à la montée des eaux et à la chaleur.

Il a ordonné l’élaboration urgente d’un plan d’adaptation pour Bonaire ainsi que des objectifs plus stricts de réduction des émissions nationales.

Cette victoire est qualifiée d’historique par Greenpeace, car elle combine atténuation et adaptation climatiques. Sur l’île, la décision est vue comme un tournant, à condition qu’elle se traduise par des actions concrètes et concertées avec la population.

Les besoins identifiés concernent notamment la protection du littoral, l’agriculture, la gestion de la chaleur et le financement, jusqu’ici inexistant.

 

Voici d'après Hypnature, et à titre d'exemple, comment les besoins prioritaires de Bonaire, protection du littoral, agriculture, gestion de la chaleur et financement pourraient être mis en œuvre rapidement dans le cadre du récent jugement et en s’inspirant de pratiques similaires à l’étranger, tout en respectant les exigences actuelles en matière de changement climatique :


 1. Cadre général et obligations issues du procès

Le tribunal de La Haye a jugé que le gouvernement néerlandais devait élaborer d’urgence un plan d’adaptation pour Bonaire et renforcer sa politique de réduction des émissions, car l’absence de mesures spécifiques constitue une violation de droits humains garantis par la Convention européenne des droits de l’homme (notamment les droits à la vie, à la santé et l’interdiction de discrimination).

Ce jugement sert de base juridique solide pour débloquer des actions rapides et des financements, car il impose des objectifs contraignants à réviser sous 18 mois.


2. Protection du littoral : infrastructure & nature

a. Renforcement des digues et barrières physiques

Les Pays-Bas ont une longue tradition dans la conception d’infrastructures de protection côtière (barrages, digues, digues mobiles). Transposer ces compétences vers Bonaire implique :

  • Évaluations techniques rapides (6 à 12 mois) pour adapter les solutions aux conditions locales (tempêtes tropicales, élévation du niveau marin).

  • Partenariats techniques entre agences néerlandaises (Deltares, Rijkswaterstaat) et autorités locales pour co-développer des structures résistantes à la montée des eaux.

b. Solutions fondées sur la nature

Les écosystèmes naturels peuvent diminuer l’érosion et amortir les vagues :

  • Plantation et restauration de mangroves le long des zones vulnérables. Les mangroves réduisent l’énergie des vagues et favorisent la biodiversité, tout en supportant le captage de carbone.

  • Barrières récifales ou récifs artificiels devant les côtes pour réduire l’impact des tempêtes.

L’expérience d’autres îles montre que les solutions hybrides (nature + technique) optimisent l’efficacité et réduisent les coûts à long terme.


3. Agriculture résiliente : adaptation aux contraintes climatiques

a. Ressources en eau et sols

La chaleur extrême et la salinisation menacent l’agriculture :

  • Systèmes d’irrigation efficaces (goutte-à-goutte, réutilisation d’eaux grises traitées) pour optimiser l’usage de l’eau.

  • Cultures résistantes au stress thermique et salin, adaptées aux conditions caribéennes. L’introduction de variétés tolérantes à la sécheresse peut améliorer les rendements.

b. Capacitation locale

Former les agriculteurs à des pratiques agroécologiques permet une transition rapide vers des techniques résilientes : agroforesterie, couverture végétale, sols vivants.


4. Gestion de la chaleur

a. Espaces publics et bâtiments

Pour limiter les impacts des vagues de chaleur :

  • Revêtements de surface réfléchissants (toitures/cloisons claires) pour réduire l’absorption de chaleur.

  • Ombrières végétales et plantations urbaines pour baisser les températures locales.

b. Santé et interventions sociales

Des programmes de sensibilisation et des centres frais ou espaces climatisés publics peuvent être rapidement mis en œuvre pour protéger les populations vulnérables lors des périodes de canicule.


5. Financement : élaboration immédiate d’un mécanisme dédié

L’absence de financement dédié pour Bonaire a été soulignée comme un manque grave. Voici comment débloquer des ressources rapidement :

a. Fonds publics nationaux

Le gouvernement peut :

  • Allouer une ligne budgétaire spécifique dans le budget national des Pays-Bas pour l’adaptation de Bonaire (avant la fin de l’année budgétaire).

  • Intégrer les mesures obligatoires du tribunal dans le plan national climatique, ouvrant la voie à des budgets pluriannuels.

b. Appui des fonds internationaux

Bonaire peut accéder à des mécanismes de financement climatique internationaux :

  • Green Climate Fund (GCF), qui finance des projets de résilience et d’adaptation comme le Tuvalu Coastal Adaptation Project (TCAP), une initiative insulaire financée par le GCF.

  • Banque mondiale, institutions régionales ou fonds bilatéraux pour cofinancer les mesures d’adaptation du littoral et des infrastructures agricoles.

c. Mécanismes innovants

  • Taxe carbone domestique ou contribution climatique dédiée.

  • Partenariats public-privé pour cofinancer les technologies d’adaptation.

  • Certificats verts ou crédits d’adaptation mobilisables par investisseurs climat.


6. Gouvernance locale & participation communautaire

Tout d'abord, organiser un suivi psycho-social de la population, avec un financement indépendant.

 

Pour accélérer l’application des mesures :

  • Groupes consultatifs avec les acteurs locaux (agriculteurs, autorités municipales, associations communautaires) pour définir les priorités.

  • Comités de suivi transparents, avec rendus publics réguliers, pour vérifier l’exécution des objectifs exigés par le tribunal.


7. Intégration à un cadre climatique plus large

Le plan d’adaptation doit respecter :

  • l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C défini par l’Accord de Paris (d’où la combinaison de mitigation et d’adaptation revendiquée dans le procès) ;

  • les engagements européens et internationaux de protection de la santé et des écosystèmes.

Cela garantira que les mesures adoptées soient cohérentes et éligibles à des financements externes et à des coopérations scientifiques.


Conclusion — Priorités pour une mise en œuvre rapide

  1. Élaboration du plan d’adaptation avec des objectifs précis et des échéances (courant 2026).

  2. Mobilisation de financements publics et internationaux pour démarrer les travaux.

  3. Protection du littoral par des solutions hybrides (nature + infrastucture).

  4. Transition agricole vers des systèmes résilients.

  5. Programmes de réduction de la chaleur et de santé publique adaptés à la population.

  6. Participation effective des communautés locales dans toutes les étapes du déploiement.



24 mai 2024

Jusqu'à l'été 2024, le site d’essais en mer d'IFREMER de Saint-Anne du Portzic accueille un nouveau prototype de système de production d’énergie houlomotrice de la start-up Seaturns basée à Bordeaux.

sources :

Communiqué de presse IFREMER
Contact presse
[email protected]
www.ifremer.fr/fr/recherche

et:

https://seaturns.com/fr/

 

photo Seaturns
photo Seaturns

La ressource houlomotrice mondiale

est immense et encore inexploitée.

 

Pour exploiter cette alternative à l’énergie carbonée, la start-up Seaturns a proposé un système prometteur, avec un ancrage innovant et une conception simple et robuste.

Gabriel Canteins, chef de projet, explique que "vu de l’extérieur, le prototype se présente comme un large cylindre qui oscille dans les vagues. Mais à l’intérieur, il fonctionne un peu comme un pendule, actionné par le mouvement des masses d’eau, qui pousse l’air à travers une turbine pour produire de l’électricité

 

"un cylindre oscillant dans les vagues,

fonctionnant comme un pendule

qui pousse l'air à travers une turbine

pour produire de l'électricité."


Après des essais réduits dans divers bassins européens, un prototype à l'échelle 1:4 a été testé à Ifremer à Plouzané et installé en mer à Sainte-Anne du Portzic. Depuis octobre 2023, Seaturns et Ifremer suivent son comportement pour démontrer son potentiel en conditions réelles.

De nouvelles étapes incluent la validation de prototypes à l'échelle 1:15 en bassin et le déploiement d'un démonstrateur à l'échelle réelle sur un autre site d'essais. Ces essais visent à commercialiser des unités de production d’électricité très bas carbone à partir de 2025.

Le prototype fait partie du projet IAS-WEC, lauréat du concours I-Nov en 2023, financé par France 2030 et France Relance. La Fondation OPEN-C co-pilotera les essais en mer avec Ifremer pour accélérer la transition énergétique en France.

 

Les futures activités du site d’essai en mer de l’Ifremer à Sainte-Anne du Portzic, relatives aux énergies marines renouvelables seront co-pilotées avec la Fondation OPEN-C*.
Pendant 10 mois, les équipes de Seaturns et de l’Ifremer assurent le suivi du
comportement du prototype, afin de démontrer son potentiel en conditions
réelles.
Après cette première phase d’essai en mer, de nouvelles étapes de déploiement
sont à l’étude : la validation de nouveaux prototypes à l’échelle 1 :15 en bassin,
à Centrale Nantes par exemple. Un démonstrateur à l’échelle réelle (6 m de
diamètre et 15 m de long) pourrait ensuite être déployé sur un autre site d’essais
en mer. Ces essais précèdent le déploiement de cette nouvelle technologie à
plus grande échelle, dans une configuration de multi-flotteurs, qui doit conduire
à la commercialisation d’unités de production d’électricité très bas carbone à
partir de 2025.
Ce prototype a été conçu dans le cadre du projet IAS-WEC, qui a remporté en
juillet 2023 le concours d’innovation de l’État, I-Nov. Il est ainsi financé par l’État
dans le cadre de France 2030 et par l’Union européenne dans le cadre du plan
France Relance.


La Fondation OPEN-C coordonne, développe et pilote les essais en mer dans les domaines de l’éolien flottant et des EMR en France contribuant ainsi à l’accélération de la transition énergétique en France. Pour le site de Sainte-Anne du Portzic de l’Ifremer, les essais dans le domaine des énergies marines renouvelables seront
conjointement pilotés par l’Ifremer et la Fondation OPEN-C.

 



26 février 2024

Fonds vert : les maires peuvent demander directement le financement de leurs projets de transition écologique

 

Le Fonds vert, doté de 2 milliards d’euros en 2023 de l’Etat et de 1,2 Md€ de la Banque des Territoires, est disponible en ligne pour toutes les collectivités territoriales et leurs groupements, en métropole comme en Outre-mer.

 

Ce fonds d’accélération de la transition écologique dans les territoires repose sur la conviction que les collectivités territoriales tiennent un rôle essentiel pour la décarbonation et l’adaptation au changement climatique. Il s’agit de la concrétisation d’un engagement pris par la Première ministre en août dernier qui permettra aux collectivités de renforcer leur performance environnementale et améliorer leur cadre de vie.

 

Grâce aux formulaires « Démarches simplifiées » disponibles sur le site https://aides-territoires.fr/fonds-vert/, les collectivités peuvent déposer leurs demandes de financement en matière :

de performance environnementale : pour encourager la rénovation énergétique des bâtiments publics locaux, le tri et la valorisation énergétique des biodéchets, la modernisation de l’éclairage public ;

d’adaptation des territoires au changement climatique : pour renaturer les villes et villages afin de lutter contre les îlots de chaleur et prévenir les risques naturels en métropole et en outre-mer (feux de forêt, inondations, risques cycloniques, etc.) ;

d’amélioration du cadre de vie : pour soutenir des projets de sobriété en matière de mobilité (accompagnement à la mise en place des ZFE-mobilités, covoiturage, etc.) et en matière foncière (renouvellement des friches, etc.). Le fonds portera également le financement du déploiement de la stratégie nationale pour la biodiversité dans les territoires, à hauteur de 150 M€.

 

Des cahiers d’accompagnement ont été élaborés et mis en ligne pour aider les collectivités à concevoir leurs projets et assurer une grande ambition environnementale.

 

Les préfets et les services déconcentrés de l’Etat ainsi que la Banque des Territoires instruiront les mesures au plus près des collectivités, afin de s’adapter aux besoins de chaque territoire, sans appels à projets. Grâce à des moyens dédiés à l’ingénierie, ils aideront les collectivités qui en ont besoin à monter leurs projets.

 

« Le Fonds vert est un outil inédit en matière de transition écologique dans les territoires. Il traduit la conviction du Gouvernement qu’il n’y aura pas d’accélération de la transition écologique sans un rôle moteur des collectivités territoriales. C’est désormais l’heure des projets : je réunirai lundi 30 janvier l’ensemble des préfets pour acter le lancement officiel du fonds et mobiliser les services de l’Etat au service des collectivités. »

 

« Les territoires sont engagés dans la transition écologique, et le Fonds vert est un vrai outil supplémentaire pour eux. Dès aujourd’hui, je veux dire à tous les élus qui souhaitent rénover leurs bâtiments, se tourner vers les mobilités durables, prévenir les risques naturels, ou agir plus globalement pour l’environnement : envoyer vos dossiers, proposer nous vos projets, l’État vous soutiendra ! »

 

Espérons que les communes et collectivités territoriales sauront utiliser le fond vert avec imagination pour l’adaptation des territoires.



19 février 2024

Dégradation microbiologique des déchets plastique pet

Crédit photo Communications Chemistry (2023).

 

  La pollution plastique affecte de plus en plus la santé

des côtes et des océans. Un problème bien connu

est celui des bouteilles en plastique fabriquées

à partir de polyéthylène téréphtalate, ou PET.

 

Une nouvelle étude impliquant des scientifiques du groupe de recherche du Professeur Ruth Schmitz-Streit à l'Université de Kiel a montré pour la première fois, en utilisant des microorganismes des profondeurs marines, que des polymères tels que le PET sont continuellement dégradés par une enzyme.

Des chercheurs de l'Université de Hambourg et de l'Université Heinrich-Heine de Düsseldorf ont joué un rôle majeur dans l'étude microbiologique.

 

L'enzyme PET 46 mangeuse de plastique !

 

Les résultats élargissent fondamentalement la connaissance des enzymes dégradant le PET, du mécanisme sous-jacent et de la compréhension évolutive de la diversité des enzymes putatives dégradant le PET dans l'océan global.

L'équipe de recherche a publié les résultats dans la revue Communications Chemistry, où ils discutent à la fois des applications biotechnologiques et de la grande pertinence pour les processus biogéochimiques dans l'océan et sur terre.

L'étude met en lumière une caractéristique spéciale de l'enzyme dégradant le PET.

"Dans notre étude, nous avons découvert une nouvelle ressource génétique provenant d'organismes des profondeurs marines appartenant aux archées," déclare le Professeur Ruth Schmitz-Streit, responsable du groupe de travail en biologie moléculaire des microorganismes à l'Institut de Microbiologie Générale (IfAM) et membre de l'axe de recherche Sciences Marines de Kiel à l'Université de Kiel.

Jusqu'à présent, environ 80 enzymes différentes dégradant le PET étaient connues, la plupart étant trouvées dans des bactéries ou des champignons.

"Nos données contribuent à une meilleure compréhension du rôle écologique des archées des profondeurs marines et de la possible dégradation des déchets de PET en mer," explique le microbiologiste.

 

La nouvelle enzyme : PET46

En utilisant une approche métagénomique, l'équipe de recherche a identifié et décrit biochimiquement l'enzyme dégradant le PET PET46 provenant d'un microorganisme des profondeurs marines non cultivé pour la première fois.

Cela impliquait d'identifier le gène à partir d'un échantillon des profondeurs marines sur la base de similitudes avec des séquences connues, de synthétiser le gène codant correspondant, de produire la protéine dans la bactérie Escherichia coli, puis de l'étudier biochimiquement et structuralement.

PET46 présente de nombreuses propriétés inhabituelles et ajoute à la diversité des enzymes actives sur le PET. Structuralement, l'enzyme diffère significativement de celles précédemment découvertes. Par exemple, elle a la capacité de dégrader à la fois des molécules de PET très longues, appelées polymères, et des molécules de PET courtes, appelées oligomères, ce qui signifie que la dégradation peut être continue.

Entre autres, PET46 utilise un mécanisme de liaison au substrat complètement différent de celui des enzymes dégradant le PET connues précédemment.

Les chercheurs décrivent un "couvercle" inhabituel de 45 acides aminés au-dessus du centre actif de l'enzyme comme crucial pour la liaison. Dans d'autres enzymes PET, des acides aminés aromatiques près du site actif sont typiques.

 

Applications biotechnologiques prometteuses

Au niveau moléculaire, PET46 est très similaire à une autre enzyme, l'estérase d'acide férulique. Celle-ci dégrade le polymère naturel lignine dans les parois cellulaires végétales en décomposant les polymères de lignine pour libérer les sucres des parties végétales ligneuses.

La lignine et le PET présentent de nombreuses similitudes structurelles, de sorte que les enzymes dégradant le PET trouvées dans la nature peuvent être importantes pour le compostage du bois dans les sols forestiers, par exemple.

 

Les propriétés biochimiques de PET46 en font donc une enzyme très intéressante à la fois pour les plastiques marins et terrestres et pour la biotechnologie. Comparée aux enzymes dégradant le PET les mieux caractérisées des bactéries et des plantes de compostage, PET46 est plus efficace à 70°C que ces enzymes de référence à leurs températures optimales respectives.

 

La recherche a été menée dans le cadre du projet PLASTISEA, coordonné par le Professeur Ute Hentschel Humeida du Centre Helmholtz pour la Recherche Océanique GEOMAR à Kiel. La première autrice, le Dr Jennifer Chow de l'Université de Hambourg, et le premier auteur, le Dr Pablo Pérez-Garcia, qui travaille en tant qu'assistant de recherche dans le groupe de Schmitz-Streit, ont contribué de manière égale à l'étude.

 

Plus d'informations : Pablo Perez-Garcia et al, "Une estérase de feruloyl contenant un couvercle archéen dégrade le polyéthylène téréphtalate", Communications Chemistry (2023). DOI: 10.1038/s42004-023-00998-z

Informations sur la revue : Communications Chemistry

Fourni par l'Université Christian-Albrechts de Kiel.



21 Décembre 2023

Le président Biden propose une interdiction majeure de l'exploitation forestière dans les Forêts Nationales à croissance ancienne

Source : www.washingtonpost.com/climate-environment

 

crédits : image de vecstock surFreepik

 

 

 

 

Notre attention a été retenue par un article de Anna Phillips paru dans le Washington Post du 19 décembre concernant la gestion des forêts nationales à croissance ancienne, qui nous dit que le 19 décembre 2023, l'administration Biden a dévoilé un plan ambitieux visant à interdire la plupart des coupes dans les forêts nationales à croissance ancienne, offrant ainsi une protection cruciale aux arbres les plus anciens des États-Unis.

Le secrétaire à l'agriculture, Tom Vilsack, a souligné que cette initiative historique implique la révision simultanée des 128 plans forestiers du Service des forêts, couvrant une étendue de 193 millions d'acres de forêts et de prairies. "Nous pensons que cela nous permettra de répondre de manière efficace et stratégique aux plus grandes menaces qui pèsent sur la croissance ancienne" [...] "À la fin de la journée, cela protégera non seulement les forêts, mais aussi la culture et le patrimoine liés aux forêts."

 

Cette proposition vise à empêcher l'abattage des arbres à croissance ancienne à des fins économiques, préservant ainsi les forêts riches en carbone au moment même où elles sont essentielles pour lutter contre le changement climatique. Les arbres visés, la plupart ayant plus de 100 ans, stockent d'importantes quantités de carbone et fournissent un habitat vital pour de nombreuses espèces sauvages, tout en présentant une meilleure résilience aux incendies de forêt.

 

Cette initiative découle d'un décret présidentiel signé il y a un an et demi, ordonnant au Service des forêts et au Bureau de la gestion des terres d'inventorier et de protéger les forêts matures et à croissance ancienne à travers le pays. Les résultats indiquent que plus de 32 millions d'acres de ces forêts précieuses subsistent sur les terres publiques, représentant environ 18 % de toutes les terres forestières gérées par les deux agences.

 

Bien que la proposition bénéficie aux près de 25 millions d'acres de forêts anciennes supervisées par le Service des forêts, elle laisse ouverte la possibilité de coupes sous certaines conditions. Chris French du Service des forêts : "Dans le Sud-Est, où le Service des forêts tente de restaurer les forêts de pins de longue feuille [...] l'agence pourrait toujours abattre de grands et vieux pins Loblolly, l'arbre principal cultivé pour l'industrie du bois."

 

Les groupes de conservation ont salué la proposition, soulignant le besoin urgent de protéger davantage la croissance ancienne contre les menaces du changement climatique, des incendies de forêt et de l'exploitation forestière. Cependant, certains de leurs souhaits, tels que des garanties permanentes pour les arbres matures, pourraient prendre des années à se concrétiser.

 

En réponse, l'industrie du bois a critiqué la proposition, arguant que l'exploitation forestière génère des emplois dans des régions économiquement fragiles et contribue à réduire les dangers d'incendie. Certains défenseurs de l'environnement craignent également que la politique puisse être annulée par une future administration. La finalisation du langage sur la protection de la croissance ancienne est prévue après une déclaration d'impact environnemental, prévue pour début 2025.

 

En dépit des critiques, cette initiative représente une étape majeure dans la protection des forêts nationales à croissance ancienne, marquant un changement significatif dans l'approche du Service des forêts par rapport aux vingt dernières années. L'issue de cette proposition influencera également les ventes de bois prévues par l'agence, soulevant des questions sur l'avenir des terres forestières comprenant des arbres matures et à croissance ancienne.

 

L'article de Anna Phillips est ici : https://www.washingtonpost.com/climate-environment/2023/12/19/old-growth-logging-forest-service/

 



8 Décembre 2023

BRONCHIOLITE DU NOURISSON   Interrogations sur la sécurité et l'efficacité du Beyfortus®

Source :

https://neosante.eu/

 

Nous avons reçu à paraître dans le prochain numéro de l'excellente revue belge NEOSANTE un article de Pryska Ducœurjoly.

 

qui nous informe que le gouvernement français a introduit une nouvelle injection, le Beyfortus®,"vivement recommandée" pour les nourrissons afin de prévenir la bronchiolite.

 

Développé par Sanofi et AstraZeneca, ce traitement à base d'anticorps monoclonaux a obtenu des désignations spéciales,"traitement innovant" ou "médicament prioritaire" lui ouvrant la porte d'une évaluation accélérée pour agréer son efficacité contre le virus respiratoire syncytial des bronchiolites.

 

Cependant, des préoccupations ont émergé quant à sa sécurité et son efficacité réelles.

 Depuis le 15 septembre 2023 on injecte le Beyfortus® à des nourrissons âgés de trois ou quatre jours,

 

Des critiques, notamment de la biologiste Hélène Banoun, remettent en question le bénéfice/risque du Beyfortus® en se basant sur des essais cliniques.

 

Des données récentes suggèrent une augmentation inexpliquée de la mortalité chez les nourrissons depuis son déploiement, suscitant des inquiétudes supplémentaires.

 

La Commission Transparence de la Haute Autorité de Santé a approuvé l'injection pour les nourrissons de moins de six jours, malgré l'absence de données de sécurité pour ce groupe d'âge.

 

L'article souligne des conflits d'intérêts potentiels parmi les experts et pointe vers des questions financières, suggérant que le Beyfortus® pourrait être favorisé pour son mode d'administration pratique plutôt que pour son efficacité réelle.

 Les comparaisons avec un traitement existant, le Synagis®, révèlent des enjeux économiques, et le coût potentiellement élevé du Beyfortus® est mis en avant.

 

En dépit de la présentation du Beyfortus® comme une "thérapie préventive" plutôt qu'un vaccin, des doutes persistent quant à la transparence et à la confiance dans ce nouveau traitement.

  

Pour lire l'article, rendez-vous sur https://neosante.eu/beyfortus-alerte-rouge/