le temps onkalo

Onkalo DR
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Onkalo, à l’ouest de la Finlande, est un futur centre d’enfouissement de déchets radioactifs, où des ouvriers s’affairent à creuser dans le granit un immense caverne d’un demi-kilomètre de profondeur sur cinq kilomètres de long. Lorsqu’il sera terminé, en 2020, l’industrie nucléaire finlandaise commencera alors à y enterrer des milliers de tonnes de déchets radioactifs (uranium et plutonium). Et quand cette besogne sera à son tour achevée, 100 ans plus tard, la cavité sera scellée et devra rester inviolée pendant 100 000 ans.

 

 A Onkalo, des sociologues, des psychologues,

 des anthropologues réfléchissent à la façon de

 communiquer (ou faire oublier) aux

 4 700 générations futures,

 le danger mortel caché dans ce lieu.

 

Le Cri suspendu (premier nom de Hypnature) s’approprie ce questionnement, le documente, puis le projet se réalise au fil d’une série d’itérations de ce questionnement, constituées d’actes artistiques ; leur ensemble formant un méta-projet qui s’alimente à chaque réitération.

 

 

Le Temps Onkalo est une création réitérée, itinérante,

dont la dynamique est de se construire au fil de plusieurs années.


CRÉATION _ NUCLÉAIRE _ RESTITUTION PUBLIQUE_ RÉPÉTITION _DÉBAT _ ART ET SCIENCES _ RÉSIDENCE ITINÉRANTE

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Itérations artistiques d’un questionnement sur les déchets nucléaires

sous forme de résidence itinérante et restitutions

Le contexte

Photo DR Posiva
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Il y a tout d’abord le film de Chris Marker, La Jetée, sorti en 1962 et d'une durée de 28 minutes. Ce film expérimental, ce récit très singulier au fort contenu poétique, montre un héros chargé d’appeler le passé et l'avenir au secours du présent.

Et puis ensuite Into Eternity, film documentaire sur Onkalo de Michael Madsen sorti en 2011.
Onkalo, à l’ouest de la Finlande, est un futur centre d’enfouissement de déchets radioactifs, où des ouvriers s’affairent à creuser dans le granit une immense caverne d’un demi-kilomètre de profondeur sur cinq kilomètres de long. Lorsqu’il sera terminé, en 2020, l’industrie nucléaire finlandaise commencera alors à y enterrer des milliers de tonnes de déchets radioactifs (uranium et plutonium). Et quand cette besogne sera à son tour achevée, 100 ans plus tard, la cavité sera scellée et devra rester inviolée pendant 100 000 ans.

 

Sur place, des sociologues, des  psychologues, des anthropologues réfléchissent à la façon de communiquer (ou faire oublier) aux 5 500 générations futures le danger mortel caché dans ce lieu.

 

Quel langage utiliser ? Quelle mythologie inventer ? Quelles images, quelle géographie , créer ? Notre visibilité vers le passé nous laisse face, par exemple au mystère des pyramides égyptiennes, sanctuaires vieux de 3 500 ou 4 000 ans, face au mystère des alignements du néolithique de pierres levées, ou gravées vieilles de 5 000 ou 6 000 ans, bien loin des 100 000 ans de sanctuarisation d’Onkalo…

Il s’agit là d’un « défi insensé, plein de risques, qui dépasse techniquement et philosophiquement tout ce que l’homme a pu entreprendre jusque-là. » Quel message pourrait être assez universel pour exister 100 000 ans, traverser des ères glaciaires, et dissuader les générations futures d’explorer à leur tour ce qui sera devenu un mystère du passé ?

La nécessité

Le temps Onkalo s’impose comme une nécessité dans la production de Jean-Luc Aimé, comme la continuité de son parcours sur l’efficience du temps sur l’ être humain et son langage, que l’on trouve déjà dans son court-métrage  sous-perposé  (2008) ; celui-ci propose, par un procédé vidéographique et sonore, une vision superposée de la Grèce mythologique sous celle de la Grèce actuelle, et par là même met en évidence les glissements de la vision et de l’état du monde en quelques millénaires.

 « … Depuis ce moment, l’Antiquité son soleil et sa lune, la terre et ses montagnes à taille humaine, les océans et les rivières, les arbres, les plantes, ses héros et toutes ses créatures vivantes se retirent indéfiniment de l’instant présent, s’éloignent inexorablement de l’espace présent… » (JLA , les applaudissements d’Hipparque, 2008.)

L’autre axe sur lequel cette question s’inscrit dans son parcours, déjà évoqué dans les fondamentaux du Cri suspendu, est la nécessité de cohérence entre parcours de vie et parcours artistique ; le désarroi humain et politique qu’éprouve Jean-Luc Aimé face à l’histoire tragiquement rocambolesque du nucléaire _et l’état du monde qu’il symbolise_, s’est transformé en questionnement artistique, et a déjà laissé des traces ; sa chanson Nuclear Winter (2011) en est un exemple, mais aussi auparavant sa performance Abandon (2008).

C’est aussi le moteur de son travail avec Inflexion, autour de la problématique des changements climatiques.

 

 


Les étapes de création

1. Travail et recueil d’éléments autour des entretiens avec des acteurs scientifiques (2015 et 2016)

 

En amont des créations, le projet consiste en plusieurs étapes d’informations, de réflexions, d’entretiens. Il s’agit de rencontrer ou d’échanger via internet avec les acteurs scientifiques du nucléaire et des sciences sociales à Onkalo (Posiva), mais aussi en France (CEA) et au Canada (CCSN).

Cette étape documente des réponses et propositions au questionnement comment communiquer avec les 5 500 générations à venir du fait qu’un danger mortel est enterré sous leurs pieds, et aborde sociologiquement et philosophiquement la question du temps et du langage, de la communication inter-civilisation.L’étude de ces éléments génère une matière à réflexion et à imaginaire pour le Cri suspendu, celle-ci est ensuite transmise aux artistes qui créeront les itérations lors des différentes résidences-créations.

En parrallèle, cette étape alimente le méta-projet, (notre fil conducteur de l’ensemble du Temps Onkalo), au même titre que les itérations, et prends la forme d’éléments audios, photographiques, vidéos, ou de textes captés à différents moments du processus.

 

2. Production d’un corpus musical et d’une structure scénique et audio-vidéo (2016)

 

La deuxième étape est la composition de la matière artistique qui servira de point de départ et de repères pour les étapes suivantes de création.

Il s’agit en premier lieu d’un corpus musical réalisé par Jean-Luc Aimé, en studio de création.

Déplacer le temps de composition en amont des résidences-créations est à la fois une gageure (rester entièrement libre de tout chambouler lors du travail collectif) et une nécessité (libérer sur 5 jours le temps pour la création collective).

L’objectif est de se donner le temps d’avoir des matériaux sonores et musicaux, composés sur ce questionnement et produits en amont des itérations, avec cependant la possibilité de les réinterpréter de toutes les façons possible lors de la création; pour cela, créer une dizaine de pièces musicales, enregistrées en audio et en midi sur un daw multipistes audio-vidéo adapté au plateau. Toutes les propositions restent en permanence réenvisageables, ou rejouables en direct.

Cette matière toujours en évolution, est ensuite proposée comme point de départ de chaque résidence aux différents artistes locaux (comédien, musicien, danseur, vidéaste, auteur, peintre…)

En parallèle cette étape comprendra également un travail sur la conception video globale du projet, sur sa scénographie et sa structure dramatique.

 

3. Une série de résidences-créations (de 2016 à 2024) > 4 résidences créations sont à ce jour définies

 

Une seule question, mais autant de réponses artistiques que de créations.

Le Temps Onkalo se réalise au fil d’une série d’itérations du même questionnement, constituées d’actes artistiques créés lors de courtes résidences, entre JL Aimé et un artiste ou groupe d’artistes locaux, en différents lieux européens.

Chaque création fait ensuite l’objet d’une restitution publique, suivie d’une médiation avec des acteurs locaux.

L’idée est d’associer pour chaque résidence deux entités artistiques de différentes disciplines, l’une d’entre elles étant Jean-Luc Aimé (ou pas,… celui-ci prenant alors la place de curateur / entremetteur), et une structure culturelle porteuse et coproductrice de l’étape.La structure culturelle est entendu comme un partenaire dans la constitution de l'équipe artistique.

A partir d’une documentation et d’un protocole préétabli, l’équipe artistique constituée, s’approprie, confronte son approche sensible et artistique du questionnement proposé, et élabore une création collective.

Calendrier type : Une semaine de 5 jours incluant un temps de production et aboutissant à la CRÉATION du spectacle le dernier jour.

Au cours de la résidence, mise en place d’un travail en médiation en lien avec la structure d’accueil, répétitions ouvertes possibles, partenariat scientifique ...

Principe de production : Coproduction Le Cri suspendu – Structure d’accueil > apport en production (montant à déterminer), transports et défraiements.

 

4. Les créations (de 2016 à …)

 

La forme de chaque restitution se réinvente à chaque itération, en fonction des propositions artistiques.

Chaque restitution permettra au public d’accéder à l’ensemble du Temps Onkalo, par une création évolutive audio et vidéo, reprenant les éléments du méta-projet et intégrant la dernière étape de résidence_création elle-même.

La base scénographique commune à chaque restitution peut, elle aussi, se modifier et se construire différemment en fonction de chaque création et selon la spécificité du lieu de diffusion.

Une rencontre avec le public autour de la création, et autour du questionnement sera organisée après chaque restitution. Cette médiation peut être co-animée entre les artistes et un référent local, scientifique ou associatif.

L'objectif est de susciter l'émotion, le questionnement, et de permettre à chacun de fonder son point de vue.

 

5. Le méta-projet ; un fil conducteur au long des itérations > voir le méta-projet

 

Le méta-projet est un objet artistique à part entière. Il décrit et alimente à la fois tous les éléments _ étapes scientifiques ou artistiques _ du Temps Onkalo. Il se construit en temps réel, à la fois sous forme de création enchevêtrée publique (musique en direct et textes vidéos photos vidéo-projetés) lors de chaque itération, mais aussi sous forme d’un site internet enchevêtré, accessible aux partenaires et au public, et qui pourra faire l’objet d’un partenariat avec une équipe scientifique spécifique.

Les résidences-restitutions peuvent être envisagées à la suite les unes des autres sur un territoire déterminé, ou peuvent être mises en place ponctuellement ; leur ensemble, la succession des réitérations du questionnement constitue un point clé. Le méta-projet permet de consituter une mémoire, une conscience commune de ce cheminement, alimentée à chaque nouvelle étape, en perpétuelle transformation, et qui prendra aussi la forme d’une création internet et audio-visuelle enchevêtrée. Le méta-projet donne une visibilité aux réitérations.

Ainsi, au fil des étapes se construit une œuvre à part entière _ une sorte de cadavre exquis _ qui relie chaque étape et donne du sens à l’ensemble.

 

la réitération

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                      L’art est politique.

Le questionnement est artistique et politique.

La réitération de notre questionnement est artistique, politique et processus de signification.

 

Notre volonté de réitérer les créations, avec des artistes différents sur la seule question de « comment communiquer avec les générations futures de cet héritage mortel enterré sous leurs pieds » s’appuie sur  la profusion de réponses possibles à cette question.

Outre le plaisir de l’imaginaire et de la rencontre artistique, qui peuvent apporter des réponses tragiques ou drôles, leur succession révèle l’absurdité de cette question, et derrière elle, l’absurdité de ce qui conduit l’industrie du nucléaire à chercher à rendre probable l’insondable.

Le principe de la réitération des résidences-créations devant les spectateurs-citoyens en Europe est indissociable de la notion de performativité, qui est le procédé par lequel une expression sémiotique (un langage, un système artistique ou symbolique) produit des résultats ou des conséquences dans la réalité, incluant celui de construire la réalité elle-même. La réitération change le monde.

 

 Une démarche transdisciplinaire

 

La démarche transdisciplinaire s’inscrit à tous les niveaux. Pour rappel :

  • Lors de la première étape, elle documente ce questionnement du temps et du langage, de la communication inter-civilisation, porté par les scientifiques du nucléaire et des sciences sociales à Onkalo, mais aussi en France et au Canada, par le biais d’entretiens et d’échanges à la fois techniques et philosophiques, matière à réflexion et à imaginaire pour le Cri suspendu.
  • Ce processus devient un élément de transmission d’informations auprès des artistes qui créent les différentes itérations.
  • Lors de la dernière étape, le regard scientifique participe de la démarche artistique, actif par ses retours, dans la constitution d’une mémoire du cheminement, sous forme de création internet et vidéo.